CAN 2025 : le titre qui se joue au tribunal
Le Sénégal a gagné sur le terrain, 1-0, après un match marqué par un épisode chaotique. Deux mois plus tard, la Confédération Africaine de Football a retiré cette victoire pour l'attribuer au Maroc, sur tapis vert. L'affaire est aujourd'hui devant le Tribunal Arbitral du Sport. Reconstitution d'un scénario sans précédent dans l'histoire de la compétition.
Ce qui s'est passé sur le terrain
Lors de la finale de la CAN 2025, disputée au Maroc, un épisode chaotique se produit en cours de match : les joueurs sénégalais quittent temporairement le terrain pour protester contre des décisions arbitrales jugées litigieuses. La rencontre reprend malgré tout, et le Sénégal s'impose 1-0 grâce à un but de Pape Gueye inscrit en prolongation. Sur le terrain, tout est donc clair : le Sénégal est sacré champion d'Afrique.
Le retournement, deux mois plus tard
C'est là que l'histoire bascule. Le jury d'appel de la Confédération Africaine de Football examine a posteriori l'épisode de l'arrêt de jeu et décide de déclarer le Sénégal forfait pour avoir quitté le terrain — une sanction qui entraîne l'attribution du match, et donc du titre, au Maroc, sur le score administratif de 3-0. Une décision rendue plusieurs semaines après la fin du tournoi, alors que le Sénégal avait déjà célébré son sacre.
Pourquoi c'est du jamais-vu
Des forfaits et des matchs perdus sur tapis vert, l'histoire du football en compte. Mais rarement — voire jamais à ce niveau de compétition — une fédération n'a renversé le résultat d'une finale continentale majeure plusieurs semaines après l'avoir laissée se dérouler jusqu'à son terme sportif, avec cérémonie de remise du trophée à la clé. La fédération sénégalaise conteste vivement la décision et a porté l'affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), l'instance judiciaire suprême du sport mondial. Le TAS a fixé l'audience décisive au 8 octobre 2026, à huis clos — sans toutefois s'engager sur une date de verdict, qui n'interviendra pas le jour même. Deux issues sont possibles : la confirmation de la décision de la CAF en faveur du Maroc, ou son annulation et la restitution du titre au Sénégal.
Ce que ça révèle
Au-delà du cas particulier, cet épisode pose une question plus large : jusqu'où une décision disciplinaire prise après-coup peut-elle légitimement effacer un résultat sportif déjà célébré et médiatisé comme définitif ? La question dépasse le seul Sénégal ou le seul Maroc — elle touche à la crédibilité même du processus disciplinaire des grandes compétitions internationales, dans un sport où les instances sont régulièrement critiquées pour leur gestion de ce type de contentieux.